Le Président Gnasingbé Eyadema du Togo est assurément exceptionnel comme homme d'Etat. Tout coordonnateur du groupe de contact de haut niveau de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) sur la Côte d'Ivoire qu'il est, le dernier dinosaure de l'Afrique de l'Ouest, semble désormais s'inquiéter pour son sort. En effet, interpellé à Dakar(Sénégal) à la faveur des sommets de l'UEMOA et de la CEDEAO en janvier dernier, sur la guerre civile en terre ivoirienne, le Général Eyadéma n'a fait que tourner autour du pot pour finir par exprimer ses angoisses. "En 1990, c'était le Liberia qui était en guerre. Après ce fut la Sierra Leone, la Guinée et aujourd'hui la Côte d'Ivoire . A qui le tour ?". Dans la salle, les journalistes qui avaient tout compris, avaient le sourire aux lèvres . Pour prouver que son inquiétude était réelle, Eyadéma a repris, cette fois à Paris où il séjourne actuellement dans le cadre du Sommet France-Afrique, les mêmes déclarations.
Sans doute conscient des revers de ses propres turpitudes qui risquent de conduire le Togo dans le chaos, le Général-Président tente maladroitement une campagne contre sa future victimisation. de force de se faire réélire sans couac. Il n'est un secret pour personne, la prochaine présidentielle togolaise est lourde d'enjeux et de risques pour la paix et la stabilité déjà chancelantes dans ce pays. Et pour sûr, l'entêtement du Général à renier sa propre parole de ne plus briguer un nouveau mandat en juin 2003 n'est pas pour arranger les choses. Mais Eyadema, comme tant d'autres roitelets doivent se convaincre qu'ils rament à contre courant de l'histoire.
De plus en plus les consciences s'éveillent en Afrique. Et des citoyens ont engagé le combat pour sortir leurs concitoyens de la résignation, du silence coupable qui autorisent des chefs d'Etat et leurs familles à tout faire dans l'impunité totale. Les conflits armés sont pour la plupart nés du refus de l'alternance démocratique. Aujourd'hui, il est vain de refuser d'observer strictement les principes cardinaux de l'Etat de droit et de vouloir, dans le même temps, préserver la paix et la stabilité sociale et politique. Si les peuples ne trouvent pas de recours dans les institutions républicaines, il ne leur reste plus que les moyens dont ils disposent eux-mêmes. C'est ce qui explique généralement les affrontements violents. Les peuples ne tolèrent plus que l'on biaise leurs réalités quotidiennes. Eyadéma s'en mêle les pinceaux en se livrant à des gesticulations inutiles. Peut-être a-t-il compris que l'heure