Une certaine perplexité dans le monde arabe
Beyrouth : Sibylle Rizk pour Le Figaro- Une certaine perplexité a accueilli dans le monde arabe la nouvelle de la libération des deux otages français Georges Malbrunot et Christian Chesnot. Si c'est une fois encore la chaîne d'informations en continu al-Jezira qui a annoncé la première leur libération, confirmant sa réputation d'efficacité sur le terrain arabe, le reste des médias régionaux a accordé peu de place à la couverture de l'événement. Un silence qui contraste fortement avec la mobilisation de grande ampleur qu'avait suscitée la diplomatie française en leur faveur. L'information de la libération des deux journalistes ne figurait même pas à la une de la plupart des quotidiens de la région. Ce silence est probablement dû à une actualité relativement chargée dans la région et notamment en Irak même, où les forces américaines ont été victimes mardi d'un attentat particulièrement meurtrier.
Si le quotidien arabophone de référence au Liban, An Nahar, consacre un titre aux deux Français, certains journaux comme le panarabe Al Hayat annoncent-ils tout au plus la nouvelle en surtitre. Les organes qui ont consacré une place de choix à la libération de Christian Chesnot et Georges Malbrunot sont ceux qui sont liés d'une façon ou d'une autre à la France. L'Orient Le Jour, parce qu'il est le seul quotidien francophone libanais, publie leur photo en une, ainsi qu'al-Mustaqbal, le quotidien de l'ancien premier ministre Rafic Hariri, un ami personnel de Jacques Chirac. Ce dernier a téléphoné au président français pour le féliciter ainsi que l'ensemble des Français pour la libération des otages.
A en croire le communiqué attribué à l'Armée islamique en Irak diffusé par al-Jazira, c'est pourtant la mobilisation sans précédent des Arabes et des musulmans, y compris les plus radicaux, qui a convaincu les ravisseurs de relâcher les journalistes. Une explication qui laisse néanmoins perplexe certains observateurs.
«L'ampleur de ces prises de position a probablement fait réfléchir les insurgés, mais pourquoi dans ce cas avoir attendu quatre mois ?»,
s'interroge ainsi un journaliste libanais.